ORION 2026
Prêts à agir, déterminés à protéger : ce slogan n’est pas un élément de communication, il est la traduction opérationnelle d’un basculement stratégique de la France. Avec l'exercice ORION 2026, les corps d'armée français ne s’entraînent plus simplement à gérer des crises périphériques, ils se préparent à conduire et à encaisser un conflit de haute intensité en Europe.
La planification a commencé en 2021 puis a été adapté à la dégradation du contexte stratégique de ces dernières années. Selon l'état major, c'est un "rendez-vous majeur de la préparation opérationnelle française à la haute intensité". Le scénario est fictif mais crédible : sur le territoire européen, le pays expansionniste Mercure déstabilise Arnland (son voisin) par des actions hybrides répétées avant de franchir le seuil militaire : la France prend alors la tête d’une coalition.
La planification a commencé en 2021 puis a été adapté à la dégradation du contexte stratégique de ces dernières années. Selon l'état major, c'est un "rendez-vous majeur de la préparation opérationnelle française à la haute intensité". Le scénario est fictif mais crédible : sur le territoire européen, le pays expansionniste Mercure déstabilise Arnland (son voisin) par des actions hybrides répétées avant de franchir le seuil militaire : la France prend alors la tête d’une coalition.
ORION signifie : Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Interopérables, Orientées vers le combat de haute intensité et Novatrices, mais c’est la phase O2 qui constitue le cœur cinétique de l’exercice.
Derrière l’acronyme, une réalité : la France s’entraîne à entrer en guerre.
Un scénario fictif mais une hypothèse crédible
Le cadre est imaginaire, mais les mécanismes sont inspirés des standards OTAN et des réalités contemporaines. L'état expansionniste Mercure cherche à déstabiliser son voisin Arnland afin d’empêcher son rapprochement avec l’Union européenne... une situation qui se rapproche fortement du climat européen actuel. Les actions hybrides se multiplient : cyberattaques, manipulation informationnelle, soutien à des milices locales, puis la crise s’intensifie et le seuil militaire est franchi.
Le 6 janvier 2026, à la demande de l’allié menacé, la France prend la tête d’une coalition pour assurer sa défense et préserver l’équilibre européen. ORION 2026 incarne alors une montée en puissance progressive, d'une guerre invisible à l’affrontement de haute intensité. Cet exercice à pour but de recréer l’ensemble des formes du combat moderne : du cyber au blindé en passant par le spatial et le naval dans un enchaînement cohérent.
Une architecture en 4 actes
ORION 2026 est structuré en 4 phases successives chacune correspondant à une étape stratégique d’un engagement majeur.
La première phase O1 est celle de la planification opérative : elle traduit une décision politique en campagne militaire en intégrant tous les milieux et tous les champs de conflictualité. Pendant près d’un an, l’ensemble des armées directions et services coordonnent leurs travaux selon un processus rigoureux, conforme aux standards de l’OTAN. L’objectif est de produire un ordre de coordination interarmées aligné sur les différentes étapes de la manœuvre.
La deuxième phase, O2, marque le basculement dans l’action. C’est la phase de déploiement des troupes en coalition, celle de l’entrée en premier sur le théâtre. Dix mille militaires sont engagés, sept composantes agissent simultanément — Terre, Mer, Air, Forces spéciales, Cyber, Spatial, Logistique — et vingt-et-un jours de terrain libre viennent éprouver la cohérence de l’ensemble.
La troisième phase, O3, élargit la manœuvre au territoire national. Elle simule les effets et les rétroactions d’un engagement majeur en Europe sur l’Hexagone. Douze ministères sont impliqués. Quatre groupes de travail interministériels préparent les scénarios. Une gestion de crise est simulée fin mars, afin d’évaluer la capacité de l’État à soutenir la montée en puissance militaire dans la durée.
La quatrième phase, O4, projette l’ensemble dans un cadre OTAN. Douze mille cinq cents militaires sont engagés, un état-major de niveau corps d’armée prend le commandement, trois divisions multinationales manœuvrent pendant trois semaines dans un scénario d’article 5. L’exercice se conclut par un ENDEX le 30 avril, avant la phase de retour d’expérience.
ORION n’est donc pas une séquence unique. C’est une campagne complète.
Phase O2 : ouvrir le théâtre
Au cœur de l’exercice, la phase O2 concentre l’essentiel de la manœuvre cinétique.
Tout commence par la montée en puissance et la préparation du déploiement. Puis vient le STARTEX, le point de bascule. Les opérations s’enchaînent selon une logique doctrinale précise : conquête de la supériorité aérienne, neutralisation des capacités anti-accès (C-A2AD), frappes dans la profondeur, conquête de la supériorité aéromaritime, opération amphibie pour prise de tête de pont, intensification des opérations au sol, puis opération aéroportée pour consolider et élargir la zone d’action. La phase s’achève par un transfert d’autorité vers l’OTAN.
Ce déroulé n’est pas symbolique. Il reproduit le tempo réel d’une entrée en premier dans un environnement contesté.
Les moyens engagés donnent la mesure de l’ambition : un état-major de niveau corps d’armée, trois brigades interarmes, plus de deux mille cent cinquante véhicules tactiques, quarante hélicoptères, mille deux cents drones de combat et de spécialité côté terrestre ; deux bases navales, un groupe aéronaval, deux porte-hélicoptères amphibies et cinquante aéronefs côté maritime ; dix bases aériennes, cinquante aéronefs, deux drones MALE, six systèmes de défense sol-air et vingt capteurs spatiaux côté aérien et spatial.
Cette masse n’est pas déployée pour impressionner. Elle est déployée pour tester la cohérence.
Multi-domaines et interallié : la nouvelle norme
ORION 2026 est pleinement multi-domaines. Le cyber n’est pas un additif ; il agit en permanence, sous forme de stress opérationnel continu. Les opérations spatiales militaires sont intégrées via l’exercice SparteX 2026, permettant d’articuler les effets spatiaux avec la manœuvre interarmées. Le commandement interarmées est centralisé et coordonné par le Centre expert du commandement interarmées, garant de la cohérence globale de l’exercice.
La dimension multinationale est tout aussi structurante. De nombreux partenaires étrangers participent aux différentes phases, certains au sein de la coalition, d’autres en forces adverses. L’objectif est double : renforcer l’interopérabilité et démontrer la capacité française à commander une coalition crédible.
La France s’entraîne à fédérer, intégrer, coordonner.
Un exercice au cœur du territoire
ORION 2026 ne se limite pas à des camps militaires. Quinze départements hexagonaux et un territoire ultramarin sont impliqués. Les forces s’entraînent en mer, dans les airs et en terrain libre, au contact des réalités civiles. Cette immersion vise à renforcer la résilience nationale et à éprouver la capacité du pays à soutenir un engagement majeur dans la durée. L’exercice intègre également un volet jeunesse et mobilise les réservistes, affirmant sa dimension sociétale.
ORION 2026 dépasse donc le cadre strictement militaire. Il s’inscrit dans une approche globale de défense collective.
Ce que révèle ORION 2026, ce n’est pas seulement la capacité à frapper : c’est la capacité à planifier, coordonner, intégrer et durer. Mais également conduire une campagne complète, absorber le choc initial, tenir sous pression cyber et transférer le commandement à l’OTAN sans rupture.
ORION 2026 est une démonstration de crédibilité stratégique.
Une répétition générale à l’échelle nationale.
Une montée en puissance pensée comme une véritable opération.
Un exercice conçu pour tester non pas un outil, mais un système.
Une montée en puissance pensée comme une véritable opération.
Un exercice conçu pour tester non pas un outil, mais un système.
La France s’entraîne à entrer en premier, à commander et à protéger durablement ses intérêts et ceux de ses alliés.
Mont-de-Marsan, épicentre de la supériorité aérienne
Dans le sud-ouest, l’air est plus dense qu’à l’ordinaire. Les départs s’enchaînent, les créneaux s’allongent, les fréquences saturent. Sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, le tempo s’accélère nettement. L’activité aéronautique augmente, de jour comme de nuit, parfois jusque tard en soirée, y compris les week-ends. Ce n’est pas une simple montée en puissance : c’est l’entrée dans la phase 2 d’ORION 2026.
ORION n’est pas un exercice parmi d’autres. Il constitue le rendez-vous majeur de la préparation opérationnelle française à la haute intensité. Son ambition est claire : préparer les forces armées aux engagements les plus exigeants, dans des environnements complexes et contestés, et démontrer la capacité de la France à entrer en premier sur un théâtre, à prendre la tête d’une coalition, puis à s’intégrer pleinement dans une structure de commandement otanienne
ORION n’est pas un exercice parmi d’autres. Il constitue le rendez-vous majeur de la préparation opérationnelle française à la haute intensité. Son ambition est claire : préparer les forces armées aux engagements les plus exigeants, dans des environnements complexes et contestés, et démontrer la capacité de la France à entrer en premier sur un théâtre, à prendre la tête d’une coalition, puis à s’intégrer pleinement dans une structure de commandement otanienne
Dans cette architecture, la BA 118 n’est pas un simple point d’appui. Elle devient le centre de gravité aérien de la phase O2, une concentration inédite de chasseurs sur un seul site. Pendant ORION 2026, Mont-de-Marsan accueille l’ensemble des avions de chasse français et étrangers engagés dans l’exercice. La formule peut sembler administrative ; en réalité, elle traduit une concentration de puissance rarement observée sur une seule plateforme nationale.
Sur les parkings et dans les hangars se côtoient plusieurs générations et plusieurs doctrines d’emploi : Les Mirage 2000-5 de la 2e escadre de chasse de Luxeuil rejoignent les Mirage 2000D de la 3e escadre de chasse de Nancy. Les premiers incarnent encore une capacité robuste d’interception et de défense aérienne, tandis que les seconds, modernisés, excellent dans la frappe air-sol, y compris dans la profondeur, en environnement contesté.
Autour d’eux, le cœur du dispositif repose sur le Rafale, décliné dans plusieurs versions. Les Rafale C de la 30e escadre de chasse, basés justement à Mont-de-Marsan, opèrent depuis leur terrain d’origine. À leurs côtés, les Rafale B de la 4e escadre de chasse de Saint-Dizier apportent la composante biplace, précieuse pour les missions complexes combinant pénétration, guerre électronique et coordination interarmées. Les Rafale C de la 5e escadre de chasse d’Orange complètent le dispositif, augmentant la masse critique nécessaire à la conquête de la supériorité aérienne.
Mais ORION 2026 dépasse le cadre strictement national. Sur le tarmac montois, les Rafale qatariens de la QEAF évoluent aux côtés des Mirage 2000 grecs de la HAF et des Tornado allemands de la Luftwaffe. Cette juxtaposition n’est pas symbolique : elle est doctrinale. Elle permet d’éprouver en conditions réelles l’interopérabilité, les standards OTAN, la compatibilité des procédures, la fusion des chaînes de commandement et la coordination tactique. Mont-de-Marsan devient ainsi une base multinationale temporaire, un laboratoire grandeur nature de la coalition.
La phase O2 : forcer l’accès, ouvrir le ciel
La phase 2 d’ORION correspond à la conquête de la supériorité de zone. Avant toute opération amphibie, aéroportée ou terrestre, il faut ouvrir l’espace aérien :
Neutraliser les systèmes anti-accès adverses ;
Dégrader les radars ;
Saturer les défenses ;
Assurer la liberté d’action des forces ;
C’est ici que la masse de chasseurs concentrée sur la BA 118 prend tout son sens.
Neutraliser les systèmes anti-accès adverses ;
Dégrader les radars ;
Saturer les défenses ;
Assurer la liberté d’action des forces ;
C’est ici que la masse de chasseurs concentrée sur la BA 118 prend tout son sens.
Les Rafale assurent des missions de supériorité aérienne, escortent les appareils de frappe et participent aux opérations de suppression des défenses adverses. Les Mirage 2000D s’inscrivent dans la logique de frappe dans la profondeur, visant les centres de commandement, les dépôts logistiques ou les infrastructures critiques simulées. Les Mirage 2000 grecs et les Tornado allemands introduisent des schémas tactiques différents, obligeant les équipages français à intégrer des partenaires aux méthodes parfois distinctes, mais alignées sur les standards OTAN.
Dans ce contexte, la BA 118 ne se limite pas à générer des sorties. Elle orchestre un cycle complet de planification, de briefing, de débriefing et de réengagement. Les salles opérations tournent en continu. Les mécaniciens travaillent sous pression temporelle. Les contrôleurs et les cellules C2 ajustent les bulles de défense sol-air et les corridors aériens.
L’exercice ne teste pas uniquement la performance des avions ; il éprouve la résilience de la base elle-même.
Une base sous tension, mais sous contrôle
L’augmentation de l’activité aéronautique, perceptible tout au long du mois de février, traduit un changement d’échelle. ORION 2026 ne se déroule pas exclusivement dans des zones isolées : il implique le territoire national, ses infrastructures et sa population. Les vols se succèdent dans un espace aérien partagé, avec une intensité inhabituelle.
Cette réalité opérationnelle est fondamentale. La haute intensité ne se prépare pas uniquement dans des camps d’entraînement lointains. Elle se construit dans la complexité du réel, avec des contraintes civiles, des impératifs de coordination interministérielle et une exigence permanente de sûreté.
À Mont-de-Marsan, cela signifie maintenir la posture permanente de sûreté aérienne tout en générant des missions de coalition. Cela signifie absorber des détachements étrangers, intégrer leurs besoins logistiques, harmoniser les chaînes de commandement et conserver un niveau de sécurité maximal malgré la densité des mouvements : la BA 118 devient ainsi une miniature de théâtre d’opérations.
Si ORION 2026 vise à démontrer la capacité de la France à entrer en premier et à conduire une coalition, la BA 118 en est l’illustration concrète. Elle concentre les vecteurs de combat, accueille les alliés, met en œuvre la supériorité aérienne et sert de point d’appui à l’ensemble de la manœuvre O2.
Dans le ciel landais, les Rafale, Mirage 2000 et Tornado ne volent pas seulement pour l’entraînement. Ils matérialisent une hypothèse stratégique : celle d’un engagement majeur en Europe, nécessitant masse, coordination, endurance et interopérabilité.
La phase 2 d’ORION 2026 n’est pas un exercice de démonstration. C’est une répétition générale.